Le mystère Picasso

Cinémarts


(1956) d’Henri-Georges Clouzot

Le Mystère Picasso d’Henri-Georges Clouzot (1956) commence peu ou prou par ces mots : « pour savoir ce qui se passe dans la tête d’un peintre, il suffit de suivre sa main. Vous allez voir, c’est une drôle d’aventure que celle du peintre. » Ce long métrage, exceptionnel par sa durée, a reçu le Prix Spécial du jury du Festival de Cannes en 1956, après que Picasso eut monté les marches du palais Croisette avec le réalisateur du film.
Le Mystère Picasso est totalement atypique dans son projet – filmer un artiste à l’oeuvre au long cours ; par son personnage – en situation de performance permanente ; par son dispositif – une création en marche, interposée entre l’artiste et l’oeil du spectateur. L’encre importée des États-Unis par Clouzot, qui transperce le papier sans baver, a permis de faire du processus créatif le sujet du film, dont l’artiste et le metteur en scène sont les indispensables complices de son apparition à l’écran. En guise de dramaturgie, Henri-Georges Clouzot fixa à Picasso une limite technique que nous ne connaissons plus aujourd’hui : considérer le métrage disponible de la pellicule argentique comme étalon du temps de la création. Le compteur de la caméra devient le marqueur existentiel de cette expérience qui résulte, une fois les séquences mises bout à bout, dans une ambivalente fiction cinématographique :
« – Tu n’as plus que 45 secondes.
– Oui, et bien j’aurai le temps. (…) Encore un petit peu, hein ?
– Oui, mais dépêche-toi, j’ai un peu triché pour te laisser du temps. »

Projection commentée par Nathalie Leleu, chargée de mission sur les collections et le patrimoine au Musée national Picasso–Paris

14 juin 2015 – 15h00 (1 h 15)
Entrée libre dans la limite des places disponibles, sur présentation d’un titre d’accès au musée en cours de validité.
Réservation en ligne recommandée.

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