Présentation

LA COLLECTION

 

Pablo Picasso, La Célestine

Pablo Picasso,
La Célestine, mars 1904.
Huile sur toile, 74,5 x 58,5 cm.
Don de M. Fredrik Roos,
ancienne collection Max Pellequer, 1989, MP1989-5.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Droits réservés.

 

La collection du Musée Picasso Paris compte plus de 5000 œuvres, et plusieurs dizaines de milliers de pièces d’archives. Par sa qualité, son ampleur comme par la diversité des domaines artistiques représentés, elle est la seule collection publique au monde qui permette à la fois une traversée de tout l’œuvre peint, sculpté, gravé et dessiné de Picasso, comme l’évocation précise – à travers esquisses, études, croquis, carnets de dessins, états successifs de gravures, photographies, livres illustrés, films et documents – du processus créateur de l’artiste.

 


 

Pablo Picasso,, Étude pour "Les Demoiselles d'Avignon": nu de face aux bras levés,

Pablo Picasso,
Étude pour Les Demoiselles d’Avignon: nu de face aux bras levés, printemps 1907.
Gouache, fusain, crayon graphite et craie blanche sur papier vélin postérieurement marouflé sur toile, 133,5 x 81 cm.
Dation, 1979, MP13.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Franck Raux.

 

Constitution de la collection

 

La collection du Musée Picasso Paris a été créée grâce à deux dations, successivement consenties à l’État par les héritiers de Pablo Picasso en 1979 puis par ceux de Jacqueline Picasso en 1990. Elle a été ensuite complétée par d’exceptionnels ensembles.

 

La Collection particulière de Picasso a été donnée, selon le vœu de Picasso, à l’Etat par ses héritiers. Elle réunissait initialement une cinquantaine d’œuvres de maîtres anciens et modernes qui sont entrées par une donation en 1973. Une seconde donation de ses héritiers effectuée en 1978 a complété et enrichi cet ensemble (150 œuvres).

 

Pablo Picasso, Violon et feuille de musique

Pablo Picasso,
Violon et feuille de musique, automne 1912.
Papiers vergés de couleur, papier vélin blanc imprimé d’une partition de musique et papier d’emballage vélin brun découpés et collés sur carton, 78 x 63,5 cm.
Dation, 1979, MP368.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski.

 

Les archives personnelles de Picasso ont été déposées par ses héritiers en 1978 pour pré-classement puis sont entrées dans les collections nationales par une donation en 1992 (200 000 pièces).

 

Dans la perspective de la création du Musée Picasso, d’importants legs, dations ou donations ont été effectués à partir de 1980 par les amis et proches de Picasso.

 

Une politique d’acquisition à titre onéreux a été régulièrement menée par le musée depuis sa création en 1985. Elle a permis l’entrée dans les collections nationales de plus d’un millier d’œuvres.

 

Cette exceptionnelle collection confère au Musée Picasso Paris un rôle central au plan international tant pour la présentation de l’œuvre de Picasso que pour la recherche relative à sa vie ou à son œuvre et sur l’art moderne en général.

 

Les circonstances singulières de la constitution de la collection du Musée Picasso Paris confèrent à ce fonds un statut sans équivalent. L’entrée dans les collections nationales d’un tel ensemble répondait à un projet patrimonial d’ampleur décidé par André Malraux à l’issue des grandes célébrations organisées à l’occasion du quatre-vingt-cinquième anniversaire de Picasso au Grand palais, au Petit Palais et à la Bibliothèque nationale. C’est sous son impulsion et en prévision de la succession de Pablo Picasso, que fut ainsi conçu en 1968 l’outil de la loi instituant la dation d’œuvres d’art en paiement des droits de succession « tendant à favoriser la conservation du patrimoine artistique national. »

 

Ainsi, la dation consentie à l’Etat par les héritiers de Picasso en 1979 constitue le premier enrichissement des collections nationales par ce moyen et a permis de créer ex nihilo un grand musée monographique dédié à la vie et à l’œuvre de Picasso. Le droit de premier choix généreusement accordé à l’État par les héritiers de l’artiste a, en outre, rendu possible la constitution de l’ensemble le plus représentatif des « Picasso de Picasso», œuvres que l’artiste avait conservé par devers lui tout au long de sa vie.

 

A cette collection unique au monde, venait se joindre la Collection particulière de Picasso (cette donation de la collection particulière fut accompagnée d’une clause relative à l’interdiction de principe de prêt des œuvres à des expositions en France ou à l’étranger) donnée à l’État en 1973, enrichie d’un second ensemble en 1978 : une centaine d’œuvres parmi lesquelles on trouve des pièces de statuaire ibérique, des masques africains ou océaniens, des toiles de Le Nain, Corot, Vuillard, Cézanne, Gauguin, Matisse, le Douanier Rousseau, Renoir, Braque, Modigliani, Miro, ou encore des dessins de Degas, Chirico ou Giacometti.

 

En 1990, la dation consentie par les héritiers de Jacqueline Picasso est venue magnifiquement compléter cet ensemble avec notamment des peintures majeures de la dernière période, des sculptures, dessins et carnets.

 

En 1992, les héritiers de Picasso ont également donné à l’État ses archives personnelles, qui ont été affectées au musée pour leur conservation et leur valorisation.

 

Pablo Picasso, Trois femmes à la fontaine

Pablo Picasso,
Trois femmes à la fontaine, été 1921.
Sanguine sur toile, 200 x 161 cm.
Dation, 1979, MP74.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Béatrice Hatala.

 

 

La collection

 

La collection du Musée Picasso Paris est riche en chefs-d’œuvre et icônes de l’art du XXe siècle. Retrouvez une sélection de la collection du Musée Picasso Paris en cliquant ici : http://navigart.fr/picassoparis/ ainsi que plus de 50 notices d’oeuvre détaillées, rédigées par les équipes du Musée national Picasso-Paris.

 

 

L’ŒUVRE PEINT

 

Toute l’histoire de l’œuvre peint de l’artiste est retracée dans la collection du Musée Picasso Paris grâce aux presque 300 peintures qui la constituent aujourd’hui. Depuis l’Autoportrait et La Célestine de la période bleue jusqu’aux Baisers, Grands Nus, Matadors et Musiciens des années ultimes, on y trouve représentées les principales périodes de l’œuvre picassien. Ainsi, des importantes toiles préparatoires aux Demoiselles d’Avignon, de la Nature morte à la chaise cannée de 1912 (premier collage de l’art moderne), des grandes peintures du cubisme Homme à la guitare et Homme à la mandoline, 1911-1913, de l’exceptionnelle série d’assemblages, de papiers collés et de constructions de la période cubiste (1912 à 1916), des grandes « machines » classiques des Femmes à la fontaine ou La Flûte de Pan, de l’extraordinaire séquence des toiles surréalistes des années 1924-1930, des «peintures de guerre» témoignant de la guerre civile espagnole, des Memento mori de la période d’Occupation, des toiles et sculptures composites d’un esprit pop des années 50 aux œuvres de la dernière décennie dialoguant avec les maîtres anciens.

 

Pablo Picasso, La suppliante

Pablo Picasso,
La suppliante, 18 décembre 1937.
Gouache sur bois, 24 x 18,5 cm.
Dation, 1979, MP168.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

 

Pablo Picasso, Tête de taureau

Pablo Picasso,
Tête de taureau, printemps 1942.
Selle et guidon de bicyclette, 33,5 x 43,5 x 19 cm.
Dation, 1979, MP330.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Béatrice Hatala.

 

Pablo Picasso, La guenon et son petit

Pablo Picasso,
La guenon et son petit, octobre 1951.
Plâtre original (céramique, deux petites autos, métal et plâtre), 56 x 34 x 71 cm.
Dation, 1979, MP342.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Béatrice Hatala.

 

L’ŒUVRE SCULPTÉ

 

À son ouverture en 1985, le Musée Picasso présente un ensemble exceptionnel de sculptures, de céramiques et d’objets, restés longtemps inaccessibles dans les divers ateliers de Picasso. Environ 250 œuvres en trois dimensions composent la collection la plus complète de pièces en volume de l’artiste, dont de nombreuses pièces rares comme les tableaux-reliefs et les constructions cubistes.

 

On y trouve réunie la quasi-totalité de l’œuvre sculpté de l’artiste en un véritable laboratoire de son art pictural : les bois et bronzes proto-cubistes (1906- 1909), les constructions cubistes (1913-1916), les maquettes en métal filaire tel le Projet pour un Monument à Apollinaire (1928), la série des grands plâtres des Têtes de Boisgeloup (1930), les figures emblématiques de la Femme au jardin (1930), la Tête de taureau (1939-1943), l’Homme au mouton (1943), les montages et marcottages de la Petite fille sautant à la corde (1950), La Chèvre (1950) ou La Guenon et son petit (1952) ou les révolutionnaires tôles découpées des années 1960. Autant de jalons essentiels de l’œuvre sculpté de Picasso.

 

Cet ensemble est lié à un fonds photographique singulier, et conservé au musée. Familier des ateliers de Picasso, Brassaï constitua une documentation photographique considérable sur la sculpture de l’artiste. Elle intégra, en alliée naturelle des œuvres dont elle est la remarquable empreinte, les collections du Musée Picasso Paris, lors de l’acquisition en 1996 du fonds de Brassaï traitant de l’œuvre et de la vie de Picasso.

 

 

 

L’ŒUVRE GRAPHIQUE ET GRAVÉ

 

Dans l’atelier de Picasso, le papier a connu des états divers : dessiné, bien sûr, mais aussi collé, déchiré, monté en volume, toujours travaillé et rarement délaissé. Plus de 3900 numéros ont été recensés dans son réservoir de souvenirs iconographiques, de gestes graphiques et historiques, d’échafaudages échappant vers la sculpture et la peinture. C’est un fantastique héritage qui arrive en 1979 avec la dation Pablo Picasso, dans une virtuosité des matières et des techniques : crayon, fusain, encre, pastel, aquarelle, sous forme de feuilles libres ou de carnets – tout ce qui parle de cette familiarité quotidienne avec la matière végétale qu’est le papier. Des scènes de genre de son adolescence jusqu’aux ultimes croquis crus et allégoriques de sa vieillesse assumée, Picasso aura dessiné sa vie. Il l’a aussi gravée, attentif au fabuleux potentiel que le métier lui permettait, dans de vastes et populeuses séries, toujours en dialogue avec ses modes de création alternatifs. L’attention portée par Picasso pour la littérature antique, moderne ou contemporaine, et pour les maîtres anciens, se déploie dans un ensemble riche d’ouvrages conservés au musée. Le livre apparaît ainsi comme un support privilégié de certaines visions et fantasmes. Picasso, associé à quelques fameux artisans de la gravure, a donné une respiration inédite à ce domaine de création qui se traduit dans des centaines d’essais, d’épreuves, de plaques de gravure, de repentirs et de bon-à-tirer, matrices et productions réconciliées.

 

Pablo Picasso, Minotaure caressant du mufle la main d'une dormeuse

Pablo Picasso,
Minotaure caressant du mufle la main d’une dormeuse, 18 juin 1933- fin 1934.
Pointe sèche sur cuivre. IIe état. Épreuve d’essai sur papier vergé de Montval, après l’aciérage de la planche et les biseaux, tirée par Lacourière en 1939, annotée « Bon à tirer », signée,
38,5 x 50,5 cm.
Don, 1982, MP1982-152.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Thierry Le Mage.

 

Pablo Picasso, Paysage, Horta de Ebro (le réservoir)

Pablo Picasso,
Paysage, Horta de Ebro (le réservoir), 1909.
Épreuve au bromure d’argent par Dora Maar,
9 x 12 cm.
Collection Dora Maar,1998, MP1998-99.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : Musée Picasso Paris / Béatrice Hatala.

 

ARCHIVES, BIBLIOTHÈQUE ET DOCUMENTATION

 

LES ARCHIVES PICASSO

 

Consulter l’inventaire en ligne des archives Picasso aux Archives nationales.

 

Les archives accumulées par Picasso ont été données à l’Etat – conjointement à la Direction des Archives de France et à la Direction des Musées de France – par l’ensemble des héritiers en 1992 et affectées au Musée Picasso chargé de leur conservation et de leur mise en valeur.
Un inventaire sommaire a permis de distinguer le fonds photographique et le fonds des documents papier, comportant notamment les archives « écrites ».

 

Pablo Picasso, Le peintre

Pablo Picasso,
Le peintre, 20 février 1963.
Crayon graphite, crayons de couleurs et crayons cire sur papier Ingres beige, page de carnet,
21 x 27 cm.
Dation, 1979, MP1886(28r).
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jacques L’Hoir / Jean Popovitch.

 

Le fonds des archives photographiques est riche de plus de 17 000 documents attestant de l’intérêt souvent expérimental de Picasso pour le médium photographique. Il rassemble les photographies réalisées par Picasso lui-même mais aussi par des figures importantes de la photographie au XXe siècle (Cecil Beaton, Brassaï, Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Lucien Clergue, Robert Doisneau, Douglas David Duncan, Dora Maar, Man Ray, Gjon Mili, Edward Quinn, André Villers, entre autres). Cet ensemble rende compte de l’étroite collaboration de l’artiste avec les photographes du siècle.

 

Le fonds des archives écrites comprend plus de 100 000 documents. Provenant des différentes demeures de Picasso, ce sont ses écrits, ses papiers personnels, ses comptes, ses livres, ses catalogues d’exposition mais aussi des correspondances, des manuscrits d’auteurs, des maquettes d’ouvrages, des tracts, des cartons d’invitation, des coupures de presse, etc. : le palimpseste d’une vie, car Picasso est réputé pour « tout garder ».

 

Pablo Picasso, Troisième de couverture d’un carnet avec inscriptions

Pablo Picasso,
Troisième de couverture d’un carnet avec inscriptions, 27 mars 1963.
Crayon cire sur carton beige, 21 x 27 cm.
Dation, 1979, MP1886.(3c)
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jacques L’Hoir / Jean Popovitch.

 

BIBLIOTHÈQUE ET DOCUMENTATION

 

La bibliothèque rassemble un fonds d’environ 11 000 ouvrages. Ceux-ci ont été achetés ou obtenus par dons ou échanges ces trente dernières années. Sont conservés également une centaine de livres illustrés d’estampes originales de Pablo Picasso.

 

Les équipes du musée nourrissent des dossiers documentaires sur les œuvres de la collection, ainsi que sur des thématiques liées à Pablo Picasso.

 

Enfin, le musée dispose d’une documentation audiovisuelle de provenance et format divers.

 

 

 

LE MOBILIER GIACOMETTI

 

Le Musée Picasso Paris possède un ensemble exceptionnel de 50 pièces de mobilier créées par Diego Giacometti exclusivement pour l’aménagement de l’Hôtel Salé. Cet ensemble unique comprenant bancs, chaises et tables en bronze, ainsi que différents modèles de luminaires en bronze et en résine, fut acquis lors de l’ouverture du Musée Picasso en 1985, grâce à une commande publique à l’artiste, initiée par le Centre National des Arts Plastiques. Les meubles sont fondus par la fonderie Jacques Redoutey, et livrés quelques semaines après la mort de Diego. Les luminaires sont réalisés par l’atelier Haligon, à la pratique ancienne auprès de grands sculpteurs du XXe siècle. Ces œuvres témoignent de la délicatesse de l’univers de Diego Giacometti, où se lit la pureté de la ligne grecque dans le dessin des tables, bancs et chaises ou la présence touchante de la nature, au travers des tulipes et feuillages entourant les bulbes des luminaires, ou de deux petites chouettes posées sur le branchage métallique d’une lanterne de bronze.

 

Retrouvez, sur notre blog Journées européennes du Patrimoine, trois pages consacrées au mobilier créé par Diego Giacometti.