Vie de Pablo Picasso

Vie de Pablo Picasso

 

Pablo Picasso, La mère et la sœur de l’artiste brodant

Pablo Picasso,
La mère et la sœur de l’artiste brodant, 1896.
Aquarelle, encre brune et rehauts de gouache blanche sur papier vélin aquarelle à grain épais, 16,6 x 22,3 cm.
Dation, 1979, MP409 (recto).
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Thierry Le Mage.

 

Liens directs :

 

1891-1895 : La Corogne
1895-1904 : Barcelone / Paris / Madrid
1904-1907 : vers Les Demoiselles d’Avignon
1908-1915 : l’aventure du cubisme
1915-1924 : la guerre et l’après-guerre, Ballets russes et classicisme
1924-1935 : Picasso et les surréalistes
1936-1939 : la guerre d’Espagne
1939-1945 : la guerre et l’Occupation
1946-1954 : la « joie de vivre »
1954-1967 : Picasso parmi les Maîtres
1968-1973 : dernières années

 

 

1880-1891 : Málaga

 

: portrait de Carles Casagemas

Pablo Picasso,
Carnet 1, folio 1 verso : portrait de Carles Casagemas, hiver 1899-1900.
Fusain sur papier, 30,5 x 21 cm.
Dation, 1990, MP1990-93 (1v).
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Madeleine Coursaget.

 

25 octobre 1881

Naissance de Pablo, de don José Ruiz Blasco (1838-1913) et de doña Maria Picasso y Lopez (1855-1939). José Ruiz Blasco enseigne le dessin à l’École provinciale des beaux-arts de Málaga et assume la charge de conservateur du musée municipal. Deux sœurs suivront, Dolorès, surnommée Lola (1884-1958) et Conceptión ou Conchita (1887-1895).

 

Pablo Picasso, Autoportrait

Pablo Picasso,
Autoportrait, 1901.
Huile sur toile, 81 x 60 cm.
Dation, 1979, MP4.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Béatrice Hatala.

 

1888-1889

Pablo commence à peindre, sous l’impulsion de son père.

 

 

1891-1895 : La Corogne

 

1891

Don José accepte un poste de professeur à l’Instituto da Guarda à La Corogne.

 

1892-1895

Suit les cours de l’École des beaux-arts de La Corogne, et pratique l’illustration et la caricature à la maison.

Premiers tableaux à l’huile.

 

10 janvier 1895

Mort de sa sœur Conchita, emportée par une diphtérie. Pablo en sera définitivement marqué.

En mars 1895, Don José est nommé professeur à l’École des beaux-arts de Barcelone (La Lonja). Première visite au Prado.
Juillet 1895 : peint La Fillette aux pieds nus (huile sur toile, MP2)
Septembre 1895 : rencontre Manuel Pallarès qui deviendra un ami au long cours.

 

 

1895-1904 : Barcelone / Paris / Madrid

 

1896-1897

Pablo étudie à la Lonja à Barcelone.

Premières « grandes machines », La Première Communion (1896, huile sur toile, Barcelone, Museu Picasso) et Science et charité (1897, huile sur toile, Barcelone, Museu Picasso), médaille d’or de l’Exposition générale de Málaga. Passage à l’Académie des beaux-arts San Fernando, à Madrid.

 

1898 

Découverte d’Horta de Ebro (aujourd’hui Horta de San Juan). Etudes de paysages.

 

1899

A Barcelone, s’intègre au milieu d’Els Quatre Gats, un café de Barcelone fréquenté par une faune littéraire et artistique tournée vers l’art moderne venu de France, mais valorisant aussi les productions catalanes traditionnelles et folkloriques. Picasso y rencontre les célèbres peintres Santiago Rusiñol et Ramón Casas, le penseur Eugenio d’Ors, mais aussi toute une jeune génération d’artistes et d’intellectuels : le marionnettiste Pere Romeu, l’activiste Miquel Utrillo, les peintres Junyer-Vidal, Nonell, Sunyer, le sculpteur Manolo Hugué, ou le poète Jaime Sabartès, dont la correspondance avec Picasso est en partie conservée dans les Archives privées de Picasso.
Juin : paraît la revue Pél y Ploma, à l’initiative d’Utrillo et de Casas et à laquelle Picasso collaborera.

 

1900

Premier séjour à Paris, avec Casagemas : la peinture Derniers moments est présentée à l’Exposition Universelle de Paris.

 

Pablo Picasso, La mort de Casagemas

Pablo Picasso,
La mort de Casagemas, été 1901.
Huile sur bois, 27 x 35 cm.
Dation, 1979, MP3.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Franck Raux.

1901

17 février 1901 : Casagemas se suicide dans un café à Paris.

Fonde à Madrid la revue Arte Joven avec l’écrivain catalan Francisco de Asis Soler.

Pendant l’été, première exposition parisienne, aux Galeries Vollard, organisée par le marchand Pedro Mañach, réputé anarchiste. Rencontre à cette occasion le poète Max Jacob.

Début de la période bleue, et visites fréquentes à l’hôpital Saint-Lazare pour observer les malades. Peint La Mort de Casagemas (1901, huile sur toile, MP3) et l’Autoportrait bleu (1901, huile sur toile, MP3)

En septembre, Berthe Weill expose les premières toiles bleues de Picasso au côté d’œuvres d’Henri Matisse.

 

1902

Première sculpture en terre, Femme assise (MP230), et série de dessins érotiques.Rencontre le sculpteur Julio Gonzalez.

Partage la chambre que loue Max Jacob boulevard Voltaire. Seconde exposition chez Berthe Weill, où sont révélées les toiles bleues.

 

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Pablo Picasso, Portrait d’André Salmon

Pablo Picasso,
Portrait d’André Salmon, 1907.
Fusain sur papier à dessin vergé, 62,6 x 40,5 cm.
Achat, 2000, MP2000-2recto.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Thierry Le Mage.

 

1904-1907 : vers les Demoiselles d’Avignon

 

Pablo Picasso, Autoportrait torse nu en culotte de boxeur devant Homme assis au verre en cours d'exécution dans l’atelier de la rue Schoelcher, Paris

Pablo Picasso,
Autoportrait torse nu en culotte de boxeur devant Homme assis au verre en cours d’exécution dans l’atelier de la rue Schoelcher, Paris, 1915-1916.
Épreuve gélatino-argentique, 6,6 x 4,7 cm.
Collection Dora Maar, 1998, MP1998-134.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Franck Raux.

 

1904

S’installe au Bateau-Lavoir, à Montmartre. Rencontre André Salmon, Guillaume Apollinaire, fréquente le café Au lapin agile et le cirque Médrano. Rencontre Fernande Olivier, qui sera son modèle, puis sa compagne pendant sept ans.

Fin 1904, entre progressivement dans la période rose.

 

Pablo Picasso, Portrait de Guillaume Apollinaire de profil, la tête bandée

Pablo Picasso,
Portrait de Guillaume Apollinaire de profil, la tête bandée, 1916.
Crayon graphite et crayon Comté sur papier vélin épais,
31,3 x 23,1 cm.
Achat, 1993, MP1993-5.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN Grand Palais / René-Gabriel Ojéda.

 

1905

Voyage en Hollande. Sculpte Le Fou (1905, bronze, MP231) d’après Max Jacob.Rencontre Leo puis Gertrude Stein, dont il commence à faire le portrait (Portrait de Gertrude Stein, 1906, New York, Metropolitan Museum).

 

1906

Au Louvre, découvre la sculpture ibérique (sites d’Osuna et de Cerro de Los Santos), puis étudie Gauguin. L’été, séjourne à Gósol, un village reculé de Catalogne : épanouissement de la période rose.

 

1907

Achète deux têtes sculptées ibériques en pierre à Géry Pieret, secrétaire d’Apollinaire. On apprendra en août 1911 qu’elles avaient été volées au Louvre.

Rencontre Georges Braque, par l’intermédiaire d’Apollinaire.

Visite le Musée d’Ethnographie du Trocadéro, et achève Les Demoiselles d’Avignon (baptisées d’abord Le Bordel philosophique d’après André Salmon). Automne : Rétrospective Cézanne au Salon d’Automne.

 

 

1908-1915 : l’aventure du cubisme

 

1908

Peint des paysages et des figures où la forme se trouve simplifiée et schématisée.
Septembre : rencontre par l’intermédiaire de Matisse le collectionneur russe Sergei Chtouchkine.
En novembre, organise un banquet au Bateau-Lavoir en l’honneur du Douanier Rousseau.Parmi les invités, on compte Guillaume Apollinaire, Marie Laurencin, André Salmon, Georges Braque et Gertrude Stein.

Au cours de l’hiver, engage un dialogue pictural quotidien avec Braque.

 

1909

Passe l’été à Horta de Ebro et peint six paysages. A son retour à Paris, s’installe boulevard de Clichy.

 

1910

Évolue vers un cubisme dit « analytique » (1910-1912).

Kahnweiler devient son marchand attitré.
Exposition aux Galeries Vollard, puis Picasso refuse de montrer à nouveau son travail à Paris jusqu’en 1916.

 

1911

Exposition Picasso à la galerie 291 à New York, et publications diverses dans la presse américaine. Expositions en Allemagne, à Berlin (Galerie Cassirer, Secession).
Vol de la Joconde. Affaire des statuettes ibériques : Apollinaire est condamné.
Salle cubiste au Salon d’Automne, sans Braque ni Picasso.
Rencontre les futuristes Carlo Carrà et Umberto Boccioni par l’intermédiaire de Gino Severini.
En novembre, rencontre Eva Gouel (Marcelle Humbert), ancienne maîtresse du peintre Louis Marcoussis, et début de leur liaison.

 

1912

Expose avec le Blaue Reiter à Munich et à nouveau à Berlin pour la Secession. Séjour au Havre avec Braque. Commence à introduire des lettrages au pochoir dans ses toiles, du sable, et réalise son premier collage, Nature morte à la chaise cannée (MP36). Première construction : une guitare en carton (New York, The Museum of Modern Art). Commence à introduire des papiers journaux et autres papiers collés dans ses toiles.
Séjourne pour le deuxième été à Céret puis se déplace à Sorgues. S’installe dans un atelier boulevard Raspail.
Consécration publique du cubisme : exposition de la Section d’Or à l’automne à la Galerie La Boétie, débat parlementaire à l’occasion du Salon d’Automne.

 

1913

Participe à l’International Exhibition of Modern Art à l’Armory Show de New York, et à la Moderne Galerie Tannhäuser à Munich.
Evolue vers le cubisme dit « synthétique » (Homme à la guitare, New York, The Museum of Modern Art).
Avril : publication du recueil de poésie Alcools de Guillaume Apollinaire avec un frontispice de Picasso.

Séjourne à Céret. 3 mai : mort de son père. Rentre à Barcelone, puis prend un nouvel atelier rue Schoelcher à Paris.

 

Pablo Picasso, Portrait de Max Jacob

Pablo Picasso,
Portrait de Max Jacob, janvier 1917.
Crayon graphite sec sur papier vélin, 32,6 x 24,8 cm.
Achat, 1998, vente Dora Maar, MP1998-307.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Michèle Bellot.

 

1914

2 mars : vente aux enchères organisée par l’association de collectionneurs dite « La Peau de l’Ours », pour la promotion de l’art moderne (douze œuvres de Picasso). Utilise une technique pointilliste dans les œuvres dites « cubistes rococo » (Portrait de jeune fille, Paris, Musée national d’art moderne), qui reproduit avec exactitude des « patrons » de papiers découpés et peints, et des morceaux de papiers peints.

2 août : l’Allemagne déclare la guerre à la France. Braque et Derain sont mobilisés. Apollinaire s’engage.

 

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Pablo Picasso, Portrait-charge de Léonide Massine, Léon Bakst et Serge Diaghilev

Pablo Picasso,
Portrait-charge de Léonide Massine, Léon Bakst et Serge Diaghilev, 1917.
Gouache sur papier vélin à texture toilée, 20,5 x 27,5 cm.
Dation, 1979, MP789.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Thierry Le Mage.

 

1915-1924 : la guerre et l’après-guerre,
Ballets russes et classicisme

 

1915

18 février : Picasso est le parrain de Max Jacob lors de son baptême.
Printemps : Braque est grièvement blessé.
Août : portraits classiques d’Ambroise Vollard (New York, coll. part.) et de Jacques Doucet (MP771).
Décembre : mort d’Eva Gouel.

 

Pablo Picasso, Portrait-charge de Jean Cocteau

Pablo Picasso,
Portrait-charge de Jean Cocteau, 1917.
Gouache sur papier vélin à texture toilée,
19,7 x 6,8 cm.
Dation, 1979, MP784.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Thierry Le Mage.

 

1916

17 mars : Apollinaire est blessé et doit être trépané. Cocteau présente à Picasso Serge Diaghilev, directeur des Ballets russes.
Installation à Montrouge.

 

Pablo Picasso, Portrait d’Olga dans un fauteuil

Pablo Picasso,
Portrait d’Olga dans un fauteuil, printemps 1918.
Huile sur toile, 130 x 88,8 cm.
Dation, 1979, MP55.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda.

 

1917

Accompagne Diaghilev et les Ballets russes en Italie. Rencontre la ballerine russe Olga Kokhlova.
En mai, première du ballet Parade (argument de Jean Cocteau, musique d’Erik Satie, chorégraphie de Léonide Massine, rideau, décor et costumes de Picasso, programme de Guillaume Apollinaire) au Théâtre du Châtelet. Le spectacle est ensuite joué à Barcelone.

Illustre le programme des Mamelles de Tirésias d’Apollinaire, « drame sur-réaliste en deux actes et un prologue ».

Peint dans une manière pointilliste.

 

Olga Khlokhlova

Pablo Picasso (attribué à), Emile Deletang (attribué à),
Olga Khlokhlova dans l’atelier de Montrouge, printemps 1918.
Épreuve gélatino-argentique, 24 x 18 cm,
Archives Picasso, APPH2771
© Droits réservés © Succession Picasso 2013.
Cliché : Musée Picasso Paris / Béatrice Hatala.

 

1918

Exposition Matisse-Picasso à la Galerie Paul Guillaume.

12 juillet : Picasso épouse Olga Kokhlova à l’église russe de la rue Daru. Ses témoins sont Max Jacob, Apollinaire et Cocteau.

Paul Rosenberg devient son marchand.

9 novembre : mort de Guillaume Apollinaire.

Installation au 23 rue La Boétie.

 

Portrait d’André Breton de trois-quarts

Pablo Picasso,
Portrait d’André Breton de trois-quarts, 1923.
Pointe sèche, 28 x 19 cm.
Dation, 1979, MP2086.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Thierry Le Mage.

 

1919-1920

Rencontre Joan Miró et l’encourage.

Travaille avec Diaghilev aux décors et costumes du ballet Le Tricorne à Londres, puis jusqu’en 1920 à Pulcinella de Pergolèse pour l’Opéra de Paris (décor cubiste et costumes inspirés par la Commedia dell’Arte).

 

Paulo dessinant

Pablo Picasso,
Paulo dessinant,1923.
Huile sur toile, 130 x 97 cm.
Dation, 1979, MP81.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

 

1921

4 février : naissance de Paulo, le fils de Picasso et d’Olga.

Ventes d’après-guerre des collections mises sous séquestre : vente Wilhelm Uhde (mai) et ventes Kahnweiler (juin et novembre, puis juillet 1922 et mai 1923). Premier séjour estival à Dinard.

A Fontainebleau, peint simultanément les grandes compositions néoclassiques des deux versions de Trois femmes à la fontaine (New York, The Museum of Modern Art et MP74) et les deux versions cubistes des Trois musiciens (New York, The Museum of Modern Art et The Philadelphia Museum of Art).

 

Pablo Picasso, Paul en Arlequin

Pablo Picasso,
Paul en Arlequin, 1924.
Huile sur toile, 130 x 97,5 cm.
Dation 1979, MP83.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

 

1922

Premier échange épistolaire avec Man Ray : Picasso l’autorise à reproduire ses œuvres à loisir. Peint Deux femmes courant sur la plage (MP78), combinant classicisme, monumentalité et recherche du mouvement. Décors de Picasso pour l’adaptation d’Antigone par Jean Cocteau, jouée au Théâtre de l’Atelier (costumes de Coco Chanel).

 

1923

L’été, au Cap d’Antibes, Picasso peint l’importante composition néoclassique La Flûte de Pan (MP79) et multiplie les études dessinées de baigneuses. Expose à l’Art Institute de Chicago, catalogue avec une introduction de Clive Bell.

 

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Dora Maar, Pablo Picasso, Dora Maar à la couronne de fleurs avec une autre femme [Sonia Mossé]

Dora Maar, Pablo Picasso,
Dora Maar à la couronne de fleurs avec une autre femme [Sonia Mossé], été 1936, Mougins ou Saint-Tropez.
Épreuve gélatino-argentique, 17,7 x 12,8 cm.
Collection Dora Maar, 1998, MP1998-150.
© ADAGP Paris 2013 © Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Franck Raux.

 

1924-1935 : Picasso et les surréalistes

 

1924

André Breton et Louis Aragon persuadent Jacques Doucet d’acquérir Les Demoiselles d’Avignon pour 25 000 francs.
Réalise de grandes natures mortes dans une veine cubiste et décorative, ainsi que la construction en métal peint Guitare (MP260) qui sera reproduite en décembre dans le premier numéro de La Révolution Surréaliste, en vis-à-vis d’un texte poétique de Pierre Reverdy. Les œuvres de Picasso seront ensuite régulièrement reproduites dans la revue.
Travaille à différents décors et costumes de ballets. Pour le ballet Mercure, utilise des formes molles issues du cubisme fluide (sur une proposition d’Étienne de Beaumont, musique d’Érik Satie, chorégraphie de Léonid Massine, juin). Le ballet est mal perçu et le groupe surréaliste publie le 20 juin dans Paris-Journal un « Hommage à Picasso », pour marquer leur soutien.
En juin également, première du ballet Le Train bleu (rideau de scène de Picasso, argument de Cocteau, musique de Darius Milhaud).
Séjour à Juan-les-Pins.

 

1925

Mars-avril : séjour à Monte-Carlo avec Olga et Paul pendant la saison des Ballets russes. Croquis réalistes des danseurs.
La Révolution Surréaliste n°2 reproduit deux pages de dessins abstraits d’un carnet réalisé à Juan-les-Pins l’année précédente (série des « Constellations », MP1869/34 V). Le numéro 4 reproduit La danse qui vient d’être achevée (Londres, Tate Modern), et pour la première fois, Les Demoiselles d’Avignon. Breton y publie son essai Le surréalisme et la Peinture, abondamment illustré par des œuvres de Pablo Picasso. Le numéro 5 reproduira également des œuvres de Picasso.
Séjour à Juan-les Pins.
Le 14 novembre ouvre l’exposition La Peinture Surréaliste à la galerie Pierre, première exposition du groupe et à laquelle Picasso participe.

 

Portrait de Vollard. I (Suite Vollard)

Pablo Picasso,
Portrait de Vollard. I (Suite Vollard), 4 mars 1937.
Aquatinte (sucre, vernis, morsure à la main) avec quelques retouches au burin, sur cuivre ; épreuve sur papier vergé de Montval), 50,3 x 38,2 cm.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Thierry Le Mage.

 

1926

Parution du premier numéro de la revue Cahiers d’art fondée par Christian Zervos, qui publiera régulièrement sur Picasso au cours des années suivantes des articles accompagnés de nombreuses reproductions. Picasso réalise plusieurs Guitare, assemblages de toile, corde, papiers collés, papiers peints, clous et crochets, autant de variations surréalistes sur un principe de construction cubiste.
Juin : exposition à la Galerie Paul Rosenberg de 58 œuvres de 1918 à 1926 dont Les trois masques [Les trois musiciens], 1921 (New York, Museum of Modern Art) et La danse (The Three Dancers, 1925 (Londres, Tate).
Séjour à Barcelone avec Olga.

 

1927

Picasso rencontre Marie-Thérèse Walter, âgée de dix-sept ans.

Gravures sur le thème de l’Atelier.

 

Pablo Picasso, Portrait de Marie-Thérèse

Pablo Picasso,
Portrait de Marie-Thérèse, 6 janvier 1937.
Huile sur toile, 100 x 81 cm.
Dation, 1979, MP159.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

 

1928

Le thème du Minotaure apparaît pour la première fois dans le grand collage du Minotaure (Paris, Musée national d’art moderne).

Breton publie Le Surréalisme et la Peinture dont il illustre le propos avec les œuvres de Picasso Homme à la clarinette, 1912 (Madrid, Museo Thyssen Bornemisza), et Femme en chemise, 1913 (coll. part.).

Picasso réalise dans l’atelier de Julio Gonzalez les sculptures en fer Tête (MP263) et Figures (MP264 et MP265), projets pour le Monument à Apollinaire, que Kahnweiler qualifie de « dessins dans l’espace ».
Premier été à Dinard. Peint la série des petites Baigneuses (MP106 à 110).
 

1929

Picasso commence à travailler en collaboration avec Gonzalez à La Femme au jardin (MP267). Effectue une série de peintures où les thématiques classiques des Grands nus se voient subverties par une couleur virulente et des déformations multiples, tel qu’en témoignera notamment, en mai, le Grand nu au fauteuil rouge (MP113).
 
Parution du texte de Carl Einstein « Pablo Picasso : quelques tableaux de 1928 », dans le premier numéro de Documents (quinze numéros de 1929 à 1930), revue publiée par des surréalistes dissidents sous la direction de Georges Bataille. D’autres articles sur Picasso seront publiés dans la revue tout au long de sa publication, notamment par Michel Leiris.
Séjour à Dinard.
Le 15 décembre, Breton publie le Second Manifeste du surréalisme dans la dernière édition de la Révolution surréaliste.

 

1930

Picasso achève la petite huile sur bois La Crucifixion (MP122), dont la composition évoque l’étude publiée par Georges Bataille dans Documents sur le manuscrit enluminé du XIe siècle de L’Apocalypse de Saint-Sever (Documents n°2, mai 1929).

Picasso achète le château de Boisgeloup près de Gisors, où il installe un atelier de sculptures. Il installe secrètement Marie-Thérèse au 44 rue La Boétie.
L’été, à Juan-les-Pins, Picasso réalise un ensemble de tableaux-reliefs recouverts de sable.
 

1931

À Boisgeloup, il engage la sculpture de la série des Grandes têtes en plâtre, variations sur le visage de Marie-Thérèse. A Juan-les-Pins, il initie une série de gravures pour la Suite Vollard. Le critique Waldemar-George, auparavant un ardent défenseur de Picasso, publie un article critique dans le numéro 14 de Formes évoquant une « névrose moderne ».

A l’automne, Les Métamorphoses d’Ovide sont publiées chez Albert Skira, avec trente eaux-fortes de Picasso, puis Ambroise Vollard publie Le Chef-d’œuvre inconnu de Balzac, avec treize eaux-fortes de Picasso.

 

 

1932

Importante série de portraits et de figures de femme inspirés par Marie-Thérèse. Rétrospective chez Georges Petit, qui voyage ensuite dans une version élargie à la Kunsthaus de Zurich. Le psychiatre et psychologue Carl Gustav Jung publie un article critique sur Picasso dans le numéro 13 du Neue Zürcher Zeitung, qui sera repris dans Cahiers d’art.

Zervos publie le premier tome du catalogue raisonné de l’œuvre de Picasso (1895-1906).

 

 

1933

Picasso travaille la gravure à l’Atelier 17, chez Stanley William Hayter, 17 rue Campagne-Première.

Picasso réalise un collage pour la couverture de la revue surréaliste Minotaure (New York, The Museum of Modern Art) de la publication conjointe des nos 1 et 2 (juin), qui comporte l’article d’André Breton « Picasso dans son élément ». Minotaure publiera régulièrement des articles sur Picasso, notamment par Tériade. Picasso participe à l’Exposition surréaliste à la Galerie Pierre Colle (juin).

Publication des mémoires de Fernande Olivier, Picasso et ses amis.

 

 

1934

En sculpture, montages d’empreintes en plâtre faites à partir d’objets ordinaires : Femme au feuillage (MP314) et Femme à l’orange (MP327).

Picasso exécute ses premières œuvres politiques : La Mort de Marat (gravures, MP2448 et MP2449) et La Femme au stylet (MP136).

Pendant l’été, il s’attelle à une nouvelle série de corridas très brutales, peintes, dessinées et gravées, puis à l’automne réalise quatre gravures sur le thème du Minotaure guidé par une petite fille.
Rencontre probablement Dora Maar qui vient d’installer son atelier rue d’Astorg et s’engage dans les activités politiques et plastiques du groupe surréaliste.

 

 

1935

Réalise au printemps une série de gravures sur le thème de la Minotauromachie (MP2726 à MP2733). Picasso arrête de peindre jusqu’en février 1936. Début de son œuvre poétique.

Picasso et Olga se séparent, mais renoncent à divorcer.

5 septembre : naissance de la fille de Picasso et Marie-Thérèse, Maria de la Concepción, surnommée Maya.

A la fin de l’année, l’artiste commence à fréquenter le groupe surréaliste, qui se réunit au domicile de Breton, 42 rue Fontaine.

Sabartés arrive à Paris et devient le secrétaire de Picasso.

L’association ADLAN (Amigos de los artes nuevas) organise, avec l’aide d’Éluard, une rétrospective Picasso qui doit voyager en Espagne, début 1936.
Rencontre Roland Penrose par l’intermédiaire de Paul Eluard.

 

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1936-1939 : la guerre d’Espagne

 

1936

16 février : victoire électorale du Frente Popular en Espagne.
3 mai : victoire électorale du Front populaire en France.
En mai, Exposition surréaliste d’objets organisée par Breton à la Galerie Charles Ratton : six œuvres de Picasso et publication d’un numéro spécial de Cahiers d’art portant sur « l’objet ».
A Londres, en juin-juillet, Seconde Exposition internationale du surréalisme, organisée par Roland Penrose avec le groupe surréaliste : 11 œuvres de Picasso. Participe également à la manifestation organisée par Aragon le 14 juillet au Théâtre de l’Alhambra à Paris, parallèlement à la représentation de la pièce de Romain Rolland Le 14 juillet (rideau de scène d’après une gouache de Picasso, MP1166).

18 juillet : l’échec du pronunciamento lancé par le général Franco contre le gouvernement républicain déclenche la guerre civile en Espagne.

Picasso retrouve Dora Maar sur la Côte d’Azur et demeure en sa compagnie à Mougins. Série des Arlésiennes. Picasso découvre l’antique village de potiers de Vallauris et réalise quelques pièces de céramique.

19 septembre : Picasso est nommé directeur honoraire du Prado par la République espagnole.

Picasso exécute, avec l’aide de Dora, une série d’une vingtaine de photogrammes d’après la technique du cliché-verre : Portrait de Dora Maar, de profil, de face, de trois-quarts, à la mantille (MP1998-317, 318, 319, 321 et 323, ancienne coll. Dora Maar).

Participe à l’exposition Fantastic Art, Dada and Surrealism organisée par Alfred H. Barr au Museum of Modern Art de New York.

 

1937

Picasso emménage au 7 rue des Grands-Augustins.

Série de gravures Songe et mensonge de Franco qui doit être vendue sous forme de cartes postales pour soutenir le gouvernement républicain espagnol. Ce dernier invite Picasso à exécuter un tableau pour le pavillon espagnol de l’Exposition internationale des arts et des techniques de Paris. Série de treize dessins préparatoires au grand tableau sur le thème du Peintre et son modèle (MP1178 à MP1191)

26 avril : bombardement de Guernica, capitale du pays basque, par l’aviation nazie, qui fait près de quatre mille morts en quelques heures. Le quotidien Ce soir, dirigé par Aragon, et L’Humanité publient des clichés du bombardement et de ses victimes.

Début des études pour Guernica.

12 juillet : inauguration du Pavillon espagnol, conçu par Luis Lacasa et José-Luis Sert. Outre Guernica, deux sculptures de Picasso sont exposées : Tête de femme, 1931 (MP301), et La Femme au vase, 1933 (Madrid, museo nacional centro de arte Reina Sofia), avec des pièces d’autres artistes espagnols.

Participe avec son Portrait d’Ubu à l’illustration d’une plaquette en hommage à Alfred Jarry.

Peint La femme qui pleure (MP165) et La Suppliante (MP168), directement liées aux bombardements de Lérida dont il se procure des clichés par Augusti Centelles (Archives Picasso).

 

 

1938

Série de Portrait de Dora Maar (MP1201) et d’autoportraits en hommage à Van Gogh, dont Homme au chapeau de paille et cornet de glace (MP174).
Guernica est montrée dans une exposition itinérante au Royaume-Uni (Londres, Leeds, Liverpool).

 

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1939-1945 : la guerre et l’Occupation

 

1939

13 janvier : mort de la mère de Picasso à Barcelone.

26 janvier : Barcelone tombe sous les coups des Franquistes.
L’exposition L’art dégénéré organisée en Allemagne par le régime nazi comporte quatre œuvres de Picasso.

Le 29 août, Sabartés et Picasso rejoignent précipitamment Royan, où Marie-Thérèse et Maya passent l’été. Picasso s’y installe avec Dora Maar à l’Hôtel du Tigre. Jacqueline Breton et sa fille Aube les rejoindront.

1er-3 septembre : l’Allemagne envahit la Pologne. La Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre.

Exposition Picasso : Forty Years of his Art organisée par Alfred H. Barr, Museum of Modern Art de New York, puis itinérance dans huit villes du pays. Guernica est incluse dans l’exposition et voyage à New York, Los Angeles, Chicago et San Francisco.

 

 

1940

Retour de Picasso à Paris. En mai, la nationalité française lui est refusée à cause de ses fréquentations anarchistes des années 1900, selon un rapport de police.
Passera toute l’Occupation dans son atelier rue des Grands-Augustins.

 

1941

Ecrit la pièce en six actes Le Désir attrapé par la queue, dont le texte sera publié en 1945 chez Gallimard.
Commence à dessiner et peindre sur l’édition collaborationniste de Paris-Soir.

Sculpte en plâtre la tête monumentale de Dora, qui sera placée en 1959 dans le square de l’église Saint-Germain-des-Prés, à Paris, et deviendra le Monument à Apollinaire auquel l’artiste travaillait depuis 1921.

 

 

1942

Publication de l’Histoire naturelle de Buffon par Martin Fabiani, éditeur et galeriste, avec trente et une aquatintes, eaux-fortes et pointes-sèches de Picasso, commandées par Vollard en 1936.

Mars : décès de Julio Gonzalez.

Picasso achève la grande toile L’Aubade (Paris, don de l’artiste au Musée national d’art moderne) dont le Musée Picasso Paris conserve tous les états dessinés (MP1230 à MP1273).

Maurice de Vlaminck publie dans Comœdia l’article « Opinions libres… sur la peinture », où il attaque violemment Picasso. De jeunes peintres et des intellectuels engagés dans la Résistance publient de nombreux articles de soutien à Picasso.

 

 

 

Pablo Picasso, Portrait de Dora Maar

Pablo Picasso,
Portrait de Dora Maar, 1937.
Huile sur toile, 92 x 65 cm.
Dation, 1979, MP158.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

 

Picasso, sur un escabeau devant Guernica

Dora Maar,
Picasso, sur un escabeau devant Guernica, dans son atelier des Grands-Augustins, Paris,
mai-juin 1937.
Épreuve gélatino-argentique, 20,5 x 19,3 cm, tirage d’époque.
Collection Dora Maar, MP1998-222.
© ADAGP Paris 2013 © Succession Picasso 2013.
Cliché : Musée Picasso Paris / Béatrice Hatala.

 

1943

Réalise la sculpture L’Homme au mouton en glaise sur une armature de fer, qui sera ultérieurement coulée en bronze (MP331), et la sculpture Tête de mort (MP326).

Rencontre Françoise Gilot, jeune peintre de vingt-deux ans. La relation entre Dora et le peintre se défait. Ils continueront néanmoins à se voir jusqu’en 1946.

 

Pablo Picasso, Maya à la poupée

Pablo Picasso,
Maya à la poupée, 16 janvier 1938.
Huile sur toile, 73,5 x 60 cm.
Dation, 1979, MP170.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

 

Ensemble de portraits de femme devant Femme à leur toilette

Dora Maar,
Ensemble de portraits de femme devant Femme à leur toilette exposés dans l’atelier des Grands-Augustins, Paris, s.d.
Épreuve gélatino-argentique, 29,8 x 23, 7 cm.
Archives Picasso, APPH1383
© ADAGP Paris 2013 © Succession Picasso 2013.
Cliché : Musée Picasso Paris / Béatrice Hatala.

 

1944

28 février : Max Jacob est arrêté à Saint-Benoît-sur-Loire et envoyé au camp de concentration de Drancy, où il meurt le 5 mars.

Le recueil poétique Contrée de Robert Desnos, déporté en camp de concentration où il mourra, est publié par Robert J. Godet. L’ouvrage est illustré par une eau-forte de Picasso (MP2003-17).

16 juin : lecture chez Picasso, à son atelier des Grands-Augustins, du Désir attrapé par la queue, avec la participation de Jean Aubier, Simone de Beauvoir, Albert Camus, Cécile Éluard, Valentine Hugo, Jacques Lacan, Louise et Michel Leiris, Dora Maar, Pierre Reverdy et Jean-Paul Sartre. Cette lecture semble avoir été un hommage à Max Jacob. Photographies de Brassaï (MP1986-32).

 

Pablo Picasso, Portrait de Françoise

Pablo Picasso,
Portrait de Françoise, 22 avril 1946.
Crayon graphite sur papier à dessin vélin épais, 66 x 50,5 cm.
Dation, 1979, MP1343.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Thierry Le Mage.

 

5 octobre : L’Humanité annonce l’adhésion de Picasso au Parti communiste français (PCF).

 

Le Salon d’Automne de la Libération est consacré aux œuvres interdites d’exposition durant l’Occupation par les nazis et taxées d’« art dégénéré ». Une importante rétrospective est consacrée à Picasso. Elle suscite de violentes réactions.

Picasso préside le comité directeur du Front national des arts qui examine le cas d’artistes compromis dans la collaboration.

 

Pablo Picasso, Claude dessinant, Françoise et Paloma

Pablo Picasso,
Claude dessinant, Françoise et Paloma, 17 mai 1954.
Huile sur toile, 116 x 89 cm.
Dation, 1979, MP209.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.


 

1945

19 mars : représentation du Désir attrapé par la queue de Picasso dans l’appartement de Louise et Michel Leiris, à Paris. Mise en scène d’Albert Camus, accompagnement musical de Georges Hugnet. Parmi les spectateurs se trouvent Georges Braque et sa femme, Cécile Éluard, Jacques Lacan et Jaime Sabartés. Reportage photographique de Brassaï.

Picasso dessine trois portraits réalistes de Maurice Thorez.

Lors du 10e congrès du PCF, Picasso est à la fois salué et mis en cause dans le rapport sur les intellectuels de Roger Garaudy, qui cherche à rassurer les peintres officiels du PCF travaillant dans la ligne jdanovienne du réalisme socialiste. Peint Le Charnier, et une série de natures mortes et Vanités.

 

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Pablo Picasso, Jacqueline aux mains croisées

Pablo Picasso,
Jacqueline aux mains croisées, 3 juin 1954.
Huile sur toile, 116 x 88,5 cm.
Dation, 1990, MP1990-26.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

 

 

Présentation de sculptures sur le perron de la Californie

Anonyme,
Présentation de sculptures sur le perron de la Californie avec Baigneuse allongée, Femme enceinte, Tête de mort, Femme accoudée, La Chèvre et quatre têtes de femme, s.d.
Épreuve gélatino-argentique, 13,2 x 12,6 cm.
Archives Picasso, APPH7032.
© Droits réservés © Succession Picasso 2013.
Cliché : Musée Picasso Paris / Béatrice Hatala.

 

1946-1954 : la « joie de vivre »

 

Pablo Picasso, Portrait de Jacques Prévert

Pablo Picasso,
Portrait de Jacques Prévert, 26 septembre 1956.
Crayon de couleur bleu sur papier à dessin vélin, feuille de carnet de croquis, 50,8 x 33,1 cm.
Dation, 1979, MP1514recto.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Daniel Arnaudet.

 

 

1946

Picasso peint Hommage aux Espagnols morts pour la France, qui est révélé avec Le Charnier à l’exposition Art et Résistance au Musée national d’art moderne (15 février-15 mars).

Débuts de la vie avec Françoise Gilot.

A partir de septembre, à  l’invitation de Romuald Dor de la Souchère, conservateur du musée d’Antibes, Picasso dispose d’un atelier dans une salle du château. Il peint une vingtaine d’œuvres aux thèmes méditerranéens avec du ripolin sur des plaques de fibrociment et de contreplaqué qui sont restées in situ et forment la collection du musée municipal dédié à Picasso installé dans le château d’Antibes.

Jaime Sabartès publie Picasso : portraits et souvenirs aux éditions Louis Carré et Maximilien Vox. Alfred H. Barr, directeur du MoMA (New York), publie Picasso – Fifty Years of his Art, une version revue et agrandie de l’édition du catalogue de 1939, en plein développement new-yorkais d’un expressionnisme abstrait se réclamant en partie de Picasso.

 

Pablo Picasso, Portrait-charge de Jaime Sabartès

Pablo Picasso,
Portrait-charge de Jaime Sabartès, 27 juin 1959.
Plume, pinceau et encre de Chine sur papier d’écriture vélin,
27 x 21 cm.
Dation, 1979, MP1524.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Thierry Le Mage.

 

1947

Faunes, centaures et bacchantes rappellent dans les tableaux la séquence d’Antibes.

Picasso, sur une suggestion de Georges Salles (directeur des Musées de France) et de Jean Cassou (directeur du Musée national d’art moderne), consent un don de dix toiles importantes au Musée national d’art moderne.

15 mai : naissance de Claude, premier enfant de Françoise Gilot et Picasso, puis installation à Golfe-Juan.

Début d’une intense activité de céramiste à la poterie Ramié de Vallauris.

 

Pablo Picasso, La famille

Pablo Picasso,
La famille, 30 septembre 1970.
Huile sur toile, 162 x 130 cm.
Dation, 1979, MP222.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

 

Pablo Picasso, Le jeune peintre

Pablo Picasso,
Le jeune peintre, 14 avril 1972.
Huile sur toile, 91 x 72,5 cm.
Dation, 1979, MP228.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

 

1948

A Vallauris et au musée d’Antibes, le réalisateur belge Paul Haesaerts tourne le documentaire Visite à Picasso.
Pour la première fois, des œuvres de Picasso sont exposées en Italie, à la Biennale de Venise. Picasso s’installe à la Galloise, une petite villa sur les hauteurs de Vallauris.

En août, avec Paul Éluard, se rend au Congrès des intellectuels pour la paix à Wroclaw, en Pologne, et intervient pour demander la liberté de Pablo Neruda, alors persécuté au Chili. Visite Cracovie et Auschwitz.

Exposition de cent quarante-neuf céramiques à la Maison de la Pensée française, à Paris.

 

Pablo Picasso, Tête d’homme

Pablo Picasso,
Tête d’homme, 4 juillet 1972.
Crayon noir sur papier à dessin vélin, 66,8 x 50,5 cm.
Attribution du FNAC, 1982, MP1982-160.
© Succession Picasso 2013.
Cliché : RMN-Grand Palais / Daniel Arnaudet.

 

1949

Les Editions du Chêne publient Sculptures de Picasso avec un texte de Daniel-Henry Kahnweiler et des photographies de Dora Maar et de Brassaï.
Aragon choisit La Colombe comme affiche du Congrès de la paix qui se tient en avril à la salle Pleyel.

19 avril : naissance de Paloma, deuxième enfant de Françoise Gilot et Picasso.

Publication dans L’Humanité d’un dessin de Picasso, À ta santé Staline ! (MP1391 à 1393), qui déclenche une polémique.

 

 

1950

Série de grandes sculptures en plâtre dans lesquelles il inclut, pour leur valeur poétique ou plastique, des objets hétéroclites qu’il détourne de leur usage ordinaire : Petite Fille sautant à la corde (MP336), La Femme à la poussette (MP337), La Chèvre (MP339 et 340). Poursuite du travail de céramiste.

Poursuit son travail sculptural d’assemblages hétéroclites (La guenon et son petit, MP342).
En novembre, Picasso reçoit le prix Lénine de la paix.

Nouvelle exposition à la Maison de la Pensée française, avec une préface d’Aragon.

 

1951

Massacre en Corée (MP203), grande toile en grisaille où abondent les références à Goya, Manet et Puvis de Chavannes. Poursuit son travail sculptural d’assemblages hétéroclites.
Visite la chapelle de Vence, décorée par Matisse, qui vient d’ouvrir.
Grande rétrospective de Picasso à Tokyo et Osaka.

 

1952

Poursuit la série des Vanités.

31 mars : exécution du résistant grec Nikos Beloyannis, dont Picasso fait un dessin, L’Homme à l’œillet (coll. part.).

S’engage dans la décoration d’une chapelle du XIVe siècle désaffectée, située à proximité de la Place du Marché à Vallauris où a été installée la sculpture L’Homme au mouton.. Peint le Portrait d’Hélène Parmelin, la femme du peintre Édouard Pignon, ami de Picasso. Série de lithographies sur le Père Goriot de Balzac. Mort de Paul Éluard.

 

1953

Picasso réalise plusieurs toiles sur le thème de La Liseuse (MP207), où est initiée la nouvelle technique aux larges aplats monochromes de couleurs acides qui s’impose en 1953-1954.

Exposition Le Cubisme, 1907-1914 au Musée national d’art moderne à Paris (janvier-avril). Les Demoiselles d’Avignon y figurent.

5 mars : mort de Staline. A l’invitation d’Aragon, parution du Portrait de Staline dans le numéro du 12-19 mars des Lettres françaises, qui fera polémique.

Rétrospective Picasso s’ouvre à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna de Rome (mai-juillet). Les panneaux La Guerre et La Paix y sont présentés. Elle voyage ensuite à Milan, dans une version enrichie de plusieurs œuvres essentielles, telles que Guernica, Le Charnier, Massacre en Corée. Une rétrospective Picasso ouvre au Musée d’art moderne de Saõ Paulo, avec Guernica.
Le réalisateur Luciano Emmer filme Picasso dans les ateliers du Fournas acquis par Picasso à Vallauris, et à la chapelle baptisée désormais «Le Temple de la Paix». André Villers et Edward Qwinn photographient également ces séquences où l’on voit l’artiste à l’œuvre.

 

 

 

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1954-1967 : Picasso parmi les Maîtres

 

1954

En juillet, la Maison de la Pensée française, à Paris, présente Picasso : deux périodes, 1900-1914, 1950-1954, où sont exposées pour la première fois les peintures de la collection Chtchoukine, sorties pour l’occasion des musées soviétiques. Une semaine après l’ouverture de l’exposition, elles sont retirées et rapatriées. Picasso prête en remplacement des œuvres de sa collection, dont un Portrait de Madame Z.

Installation avec Jacqueline Roque à Paris, aux Grands-Augustins.
Premiers dessins préparatoires pour Le déjeuner sur l’herbe d’après Manet (MP1882), et Portrait d’Eugène Delacroix d’après son Autoportrait du Louvre.
3 novembre : mort d’Henri Matisse.

Pendant l’hiver, premiers dessins pour la série des quinze peintures et des deux lithographies sur le motif des Femmes d’Alger d’Eugène Delacroix (MP1430 à MP1476).

 

1955

11 février : Olga Picasso meurt à Cannes.

Importante rétrospective Picasso : peintures, 1900-1955, au Musée des arts décoratifs de Paris, avec Guernica (juin–octobre). L’exposition circule ensuite à Munich, Cologne et Hambourg, jusqu’en avril 1956.

Picasso achète à Cannes une grande bâtisse Belle Époque appelée La Californie.

Henri-Georges Clouzot tourne au studio de la Victorine à Nice le film Le Mystère Picasso.
Se rend fréquemment aux corridas à Arles ou Nîmes et se lie d’amitié avec le célèbre torero Luis Miguel Dominguìn.

 

1956

Résurgence du thème des Baigneuses.
Début de la série de photographies de David Douglas Duncan de Picasso dans ses ateliers et avec sa famille, publiées dans The Private World of Pablo Picasso en 1958.

 

Le Mystère Picasso d’Henri-Georges Clouzot est présenté au Festival de Cannes.
Première exposition Picasso à Barcelone, à la Sala Gaspar (octobre).

Fête son 75e anniversaire à la Galerie Madoura, avec les potiers de Vallauris. A Moscou,  Ilya Ehrenbourg organise une exposition d’œuvres appartenant aux collections russes.

Signe avec Édouard Pignon, Hélène Parmelin et sept autres militants une lettre au comité central du PCF, s’inquiétant de la situation en Hongrie, qui sera publiée dans Le Monde.

 

1957

Engage un travail sur le thème des Ménines d’après Vélasquez, qui se prolongera sur toute l’année.

Reçoit la commande d’une grande décoration murale pour le bâtiment de l’UNESCO à Paris.

 

1958

Il réalise deux grandes sculptures faites de plaques de terre chamottée rose assemblées (Joueur de flûte et un Joueur de diaule assis, MP3744 et MP3745). Commence une série de sculptures faites d’assemblages de morceaux de bois récupérés.

Le panneau réalisé en plaques de céramique d’après les cartons de Picasso est installé dans le hall du foyer des délégués de l’UNESCO. Georges Salles, qui reçoit le panneau au nom de l’UNESCO, en suggère le titre, La Chute d’Icare, qui vient se substituer au titre original de la fresque, Les Forces de la Vie et de l’Esprit triomphant du Mal.

Achète le château de Vauvenargues, une construction du XIVe siècle située près d’Aix-en-Provence, au pied de la montagne Sainte-Victoire, emblématique de l’art cézannien.

 

1959

Rédige un long poème en espagnol, Trozo de piel, qui sera publié par le poète Camilo José Cela en 1961.

Commence à pratiquer la linogravure.

Le grand bronze de 1941 Tête de Dora Maar, Monument à Apollinaire, est installé et inauguré dans le square de Saint-Germain-des-Prés à Paris.

Engage ses recherches sur les variations autour du Déjeuner sur l’herbe d’après Manet, qui s’échelonnera d’août 1959 à décembre 1961.

La chapelle de Vallauris, décorée des panneaux de La Guerre et La Paix, est inaugurée officiellement, et le lieu devient un musée national.

Réalise des linoléums sur des thèmes méditerranéens.

Participe avec Jacqueline, Luis Dominguin et l’actrice Lucia Bose, son épouse, au tournage du Testament d’Orphée de Jean Cocteau.

 

1960

Picasso. Retrospective 1895-1959, Tate Gallery de Londres, deux cent soixante-dix œuvres, catalogue réalisé par Roland Penrose.

Jaume Sabartès propose la création d’un musée dédié à Pablo Picasso à Barcelone et décide de faire don à la ville de sa collection personnelle.

 

1961

2 mars : Picasso épouse Jacqueline Roque à Vallauris, dans l’intimité. Ils s’installent à Mougins en juin.

Travaille sur des tôles découpées et peintes, comme par exemple La Chaise (MP359), Femme aux bras écartés (MP360), Pierrot assis (MP364 et MP1527) ou les Footballeur (MP362 et MP363).
Célèbre son 80e anniversaire à Vallauris.
Publication des Picasso de Picasso par David Douglas Duncan, révélant les œuvres de la collection personnelle de l’artiste, qui formeront le socle des dations au Musée national Picasso et témoignent de sa trajectoire.

 

1962

1er mai : Picasso reçoit le prix Lénine de la paix pour la seconde fois.

Poursuit son travail sur les Têtes en tôle. Réalise quelque soixante-dix Portraits de Jacqueline dans différentes techniques : peintures, dessins, carreaux de céramique, gravures.

Dessine (MP1533) et peint L’Enlèvement des Sabines d’après Poussin (une version au Musée national d’art moderne à Paris, une à la Nàrodni Galerie de Prague, et une autre la Fondation Beyeler de Bâle).

La grande tôle peinte Femme aux bras écartés, 1960, fait l’objet d’un agrandissement de six mètres de haut en béton par Carl Nesjar, pour le jardin de Daniel-Henry Kahnweiler à Saint-Hilaire. L’œuvre sera déposée dans le jardin du musée de Villeneuve-d’Ascq.

 

1963

Picasso peint L’Enlèvement des Sabines d’après David (Boston, Museum of Fine Arts) et réalise treize variations sur des portraits de Jacqueline dans les premiers jours de l’année.

Commence l’importante série du Peintre et son modèle, qu’il poursuivra durant toute l’année.

Ouverture du Museu Picasso de Barcelone, calle Montcada, dans l’hôtel Aguliar, une demeure du XVe siècle.

Mort de Georges Braque.

Mort de Jean Cocteau.

Engage une collaboration très suivie en gravure avec les frères Aldo et Piero Crommelynck, qui installent leur atelier de taille-douce à Mougins. Multiplie les audaces techniques et les procédés mixtes dans les séries des Étreintes, puis du Peintre et son modèle (MP2709 à MP2713 et MP2737).

 

1964

Peint une série d’une vingtaine de toiles inspirées par l’Olympia de Manet.

Françoise Gilot, en collaboration avec Carlton Lake, publie Life with Picasso (New York : McGraw Hill), édité en français par Calman-Lévy en 1965.

Renoue avec son travail de gravure, notamment avec l’utilisation de vernis mous en couleurs.

La maquette pour la sculpture de Tête destinée au Civic Art Center de Chicago est réalisée d’après une Tête de femme de 1962. La version finale en acier (vingt mètres de haut) sera inaugurée en 1967.

Importante série de toiles sur le thème du Peintre et son modèle (MP1990-31), qui se poursuit l’année suivante, ainsi que du Peintre et Tête d’homme, formant la suite d’un multiple autoportrait centré sur le visage de l’artiste.

Brassaï publie aux éditions Gallimard ses Conversations avec Picasso, illustrées par des photographies de l’auteur.

 

1965

Peint, en référence à Hendrickje Stoffels de Rembrandt(1654, Londres, National Gallery), la grande toile provocante La Pisseuse (Paris, Musée national d’art moderne).

De nouveaux thèmes apparaissent en peinture : homme portant un enfant, famille, mangeur de pastèques.

En novembre, il est opéré d’un ulcère à l’hôpital américain de Neuilly et séjourne pour la dernière fois à Paris.

Agrandissements en béton gravé par Carl Nesjar des maquettes (MP1831 à MP1848) des personnages du Déjeuner sur l’herbe et installation dans le parc du Moderna Museet de Stockholm.

 

1966

Dessine et peint des figures de Mousquetaires, inspirées des gentilshommes du Siècle d’or espagnol portraiturés par Vélasquez.

Série de dessins en noir ou en couleurs dans un carnet (MP1990-116) mettant en scène des caricatures, dessins érotiques, scènes burlesques, ou commentant graphiquement le grand tableau d’Ingres Jupiter et Thétis.

28 septembre : mort d’André Breton.

Exposition Hommage à Picasso organisée par Jean Leymarie au Grand Palais et au Petit Palais, à Paris. Inauguration par André Malraux, ministre de la Culture depuis 1959 (novembre). L’exposition révèle notamment au grand public de nombreuses sculptures de l’artiste.

 

1967

L’artiste refuse la Légion d’honneur.

Il est expulsé de son atelier de la rue des Grands-Augustins, dont il était locataire depuis le début 1937.

Picasso continue la série des Têtes de mousquetaires.

Le Peintre et son modèle (MP1990-32), où apparaît pour l’une des toutes premières fois la représentation caractéristique des figures rembranesques empruntées en particulier au tableau Rembrandt et Saskia.

Exposition Picasso : Sculptures, Ceramics, Graphic Work à la Tate Gallery de Londres, organisée par Roland Penrose (juin-août), présentée ensuite au Museum of Modern Art de New York (octobre 1967 – janvier 1968).

Picasso réalise la grande toile Le Couple (MP1990-33), où la thématique rembranesque s’efface pour laisser place à une suite majeure de Couple et d’Étreinte qui va dominer l’œuvre picassien jusqu’à sa mort.

 

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1968-1973 : Dernières années

 

1968

Tableaux sur le thème du Nu à l’oiseau (Cologne, Musée Ludwig) et des dessins sur le thème du Bain turc (Paris, Musée du Louvre, Jean-Auguste-Dominique  Ingres, Le Bain turc, 1862).

À la mort de Jaime Sabartès et pour honorer sa mémoire, Picasso fait don de l’ensemble de la série des Ménines (cinquante-huit toiles) et d’un portrait de Sabartès datant de la période bleue au Museu Picasso de Barcelone.

Exécute la suite des 347 gravures : elle traite de thèmes iconographiques complexes, combinant références au cirque, à la corrida, au Théâtre, à la commedia dell’arte, comme des scènes érotiques inspirées du tableau d’Ingres Raphaël et la Fornarina. Les 347 gravures sont tirées par les frères Crommelynck dans leur atelier de Mougins.

 

1969

Picasso engage une intense séquence de peinture, durant laquelle il réalisera en une année cent soixante-cinq toiles (entre le 5 janvier 1969 et le 2 février 1970) traitant des sujets suivants : portraits, couples, nus, hommes à l’épée, fumeurs, natures mortes.

Publication d’El Entierro del Conde de Orgaz, avec un texte de Picasso rédigé entre le 6 janvier 1957 et le 20 août 1959, et un prologue de Rafael Alberti (Gustavo Gili et les Ediciones de la Cometa, Barcelone). Cette « fantaisie littéraire » de Picasso est accompagnée d’un ensemble d’illustrations de sa main comptant une gravure au burin, douze eaux-fortes, trois aquatintes choisies parmi des œuvres de 1966 et 1967.

 

1970

Picasso fait donation au Museu Picasso de Barcelone des œuvres laissées dans sa famille en Espagne, celles datant de ses débuts, exécutées à La Corogne, puis à Barcelone, ainsi que celles réalisées en 1917 lors de son séjour avec les Ballets russes.

Exposition Picasso 1969-1970 au Palais des Papes à Avignon. La manifestation préparée par Yvonne Zervos réunit cent soixante-sept toiles et quarante-cinq dessins. Christian Zervos achève son installation et rédige la préface du catalogue. L’exposition déclenche un véritable scandale. Les peintures récentes de Picasso accrochées sur deux rangs superposés, par la virulence de la couleur, l’érotisme des sujets, les formats géants, s’avèrent une fois de plus incomprises.

Mort de Christian Zervos, qui suit de peu celle d’Yvonne.

Picasso peint sans discontinuer jusqu’à sa mort une série de grandes peintures qui reprennent des thèmes croisés sa vie durant.

 

1971

Don de Picasso de cinquante-sept dessins réalisés entre le 15 décembre 1970 et le 4 février 1971 au Musée Réattu d’Arles.

En octobre, à l’occasion du 90e anniversaire de Picasso, une sélection d’œuvres des collections publiques françaises est présentée dans la Grande Galerie du Louvre.

Picasso fait don de la Guitare en tôle de 1912, sa première construction en métal, à William Rubin pour le Museum of Modern Art de New York. Il révèle, à cette occasion, l’original de la Guitare, réalisé en carton (New York, The Museum of Modern Art).

 

1972

Série d’autoportraits dessinés, où la tête s’affiche comme un masque ou une tête de mort aux yeux exorbités (MP1982-160).

Dessins de nus couchés, mettant en scène de manière obscène de vieilles odalisques provocantes incarnant la corruption des chairs, la destruction des apparences : Nu dans un fauteuil (MP1544), Nu (MP1542), Mousquetaire et femme nue (MP1540).

 

1973

8 avril : Picasso meurt au mas Notre-Dame-de-Vie à Mougins.

L’exposition Pablo Picasso, 1970-1972 au Palais des Papes à Avignon (catalogue avec préface de René Char) permet de découvrir les dernières œuvres sélectionnées par l’artiste lui-même, en vue de cette manifestation (23 mai-23 septembre).

 

 

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