Paris quartier d’été / Bataille

© Pierre Grosbois

© Pierre Grosbois

Avec Pierre Rigal, Hassan Razak et Pierre Cartonnet

C’est deux mecs qui se battent. Et puis qui dansent. Et qui se réconcilient. Mais en fait, non. Que regardons-nous ? Pourquoi sommes-nous ainsi rivés à leurs beignes et châtaignes, à leurs mandales et leurs marrons ? Car soyons – brièvement – honnêtes, et admettons une vérité dérangeante : on a toujours un peu envie de contempler des gens en train de se battre. Il faudrait intervenir, passer son chemin, mais non, on reste là, fasciné. Cette fascination, Pierre Rigal la convoque et l’utilise avec malice pour mieux provoquer un turbulent moment de réflexion. Avec cette bagarre pour de faux entre deux danseurs, il laisse le spectateur observer ce qui se passe quand on en vient aux mains. Ou aux pieds. Ou à terre…

Créé en 2013, Bataille est tout d’abord “une confrontation entre deux acteurs physiques : d’une part Hassan Razak, spécialiste de percussion corporelle, et d’autre part Pierre Cartonnet, spécialiste d’acrobatie”. Plus avant, passé l’opposition du grand et du petit, la pièce en envoie autant dans la figure de ses interprètes que dans la tête du spectateur, conduit à se poser quelques questions troublantes. Que se passe-t-il quand on observe deux personnes qui se mettent sur la gueule ? Prend-on un parti ? Lequel, et pourquoi ? Est-on prêt à changer de camp après un coup bas ou une attaque loyale ? Alors que la bataille se transforme en pur mouvement, regarde-t-on autre chose que deux hommes à la lutte ? “La danse est exigeante, précise et sophistiquée mais elle est d’abord primitive, naïve, libre, intuitive, folle”, écrit Pierre Rigal et, de la bataille, sa chorégraphie conserve la spontanéité, l’invention, le goût des farces et des feintes. Touchant le spectateur dans ses pulsions les plus primaires, il le traite cependant avec douceur, attaquant la brutalité sur son versant cocasse. Défoulant et jubilatoire, ce “fight club dansé” montre également qu’on peut, avec finesse, en dire long sur la violence tout en gardant le sourire.

28 juillet 2016
20h00 (durée : 50 min)
Réservations sur le site de Paris quartier d’été.


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