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Façade - Gros plan
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Façade - Gros plan

Les Réseaux du Musée Picasso-Paris

Le Musée national Picasso-Paris a, depuis sa réouverture en 2014, axé une partie de son projet scientifique et culturel sur la création de réseaux de partenaires. Ces réseaux, d’ampleur internationale, visent d’une part, à renforcer les liens du musée avec les autres musées Picasso et musées de beaux-arts du XX siècle, et d’autre part, à mener des recherches approfondies autour de sujets liés à Pablo Picasso, à l’occasion notamment de projets d’exposition.

La manifestation « Picasso-Méditerranée » (2017-2019)

À l’occasion du centième anniversaire du voyage de Picasso en Italie, le Musée national Picasso-Paris a lancé en 2017 « Picasso-Méditerranée », manifestation qui s’est développée selon cinq axes essentiels : scientifique avant tout, mais aussi patrimonial, contemporain, pluridisciplinaire et multiforme. Le projet a consisté à donner une impulsion scientifique et à fédérer autour d'une thématique commune, tissant ainsi un véritable réseau de recherches picassiennes.

Le Musée national Picasso-Paris s’est mis à la disposition de soixante-dix institutions culturelles partenaires pour la construction des projets - prêt d'œuvres, gestion d'un site internet, communication visuelle et graphique de la manifestation – tout en permettant à chacun de garder sa singularité.

À travers cette manifestation d’une envergure hors du commun, le musée a souhaité avant tout créer un réseau d’institutions culturelles, collaborant pour programmer une série exceptionnelle d’expositions. À cette fin, le musée a largement ouvert sa collection aux prêts, dans une volonté de faire voyager les œuvres de Picasso dans toute la Méditerranée, aire géographique si chère à l’artiste.

Le rôle du musée a ainsi été avant tout celui d’un prêteur volontaire, dans une politique dynamique de diffusion de ses collections, pour des expositions de types très variés : monographiques, thématiques, en dialogue avec des contemporains de Picasso ou des artistes d’aujourd’hui, centrées sur une technique, une période, un lieu de vie ou de création, elles ont toutes offert une approche singulière et renouvelée de l’œuvre picassienne sous le prisme méditerranéen.

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Picasso-Méditerranée 2017-2019 - Musée Picasso

La programmation du Musée national Picasso-Paris étant fondée sur la notion de moviment - développée dans le projet scientifique et culturel de l’établissement validé en 2016 - le projet « Picasso-Méditerranée » a pleinement incarné l’un des piliers de la démarche culturelle de l’établissement : une politique active de prêts, permettant une programmation d’expositions hors-les-murs.

Le musée, devenu ainsi tête de réseau et animateur d’une communauté picassienne, cherche désormais à renforcer les liens entre institutions culturelles partenaires, au-delà de la seule manifestation « Picasso-Méditerranée ».

Une publication papier, qui prendra la forme d’un Atlas Picasso-Méditerranée, est en cours de préparation, visant une publication au premier semestre 2020.

 

Les expositions « Picasso-Méditerranée » en chiffres

47
expositions dont :
40
expositions ayant bénéficié de prêts exceptionnels
4
expositions hors les murs
3
expositions sans prêts
  • 20 expositions monographiques 
  • 8 expositions "dialogue avec un artiste"
  • Le reste des expositions étant des expositions collectives

 

Par pays

  • En France : 25
  • En Espagne : 10
  • En Italie : 6
  • Au Maroc : 1
  • En Grèce : 1
  • À Chypre : 1
  • À Malte : 1
  • En Turquie : 1 
  • Au Liba, : 1

 

« Picasso-Méditerranée », un moteur pour la recherche

« Picasso-Méditerranée » a également été ponctué de moments de réunions entre institutions et de séminaires de recherche. Après deux séminaires qui s’étaient respectivement déroulés à la Fondation Cini de Venise les 24 et 25 novembre 2016 et à l’Académie de France à Rome - Villa Médicis les 21 et 22 septembre 2017, 2018 a été une année riche en rencontres scientifiques : un troisième séminaire a été organisé au Musée Fabre de Montpellier les 15 et 16 juin 2018, intitulé « Picasso et le Sud de la France, à rebours ».

Enfin, le réseau s’est associé au rendez-vous annuel de la communauté picassienne, en se fusionnant avec le colloque international organisé au Musée Picasso de Malaga sur le thème de « Picasso et l’Histoire », les 9, 10 et 11 octobre 2018.

Les réunions et séminaires en chiffres :

  • 6 comités de pilotage et réunions du réseau picassien depuis le 17 septembre 2015.
  • 4 séminaires

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Colloque Picasso et l'histoire

Picasso et l’histoire

9, 10, 11 octobre
Museo Picasso Malaga du 9 au 11 octobre 2018
29 intervenants
170 participants

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Colloque Picasso et le Sud de la France

Picasso et le sud de la France, à rebours

- 15 et 16 juin 2018
Musée Fabre, Montpellier et à l’Abbaye de Fontfroide, Narbonne
13 intervenants
80 participants

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Colloque Les méditerranées de Picasso

Les Méditerranées de Picasso

17 et 18 septembre 2017
Académie de France à Rome – Villa Médicis et Ambassade de France à Rome
20 intervenants
120 participants

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Colloque Picasso et l'Italie, le passé enfoui

Picasso et l’Italie, passé enfoui

21 et 22 novembre 2016
Fondazione Cini, Venise
31 intervenants
70 participants

Des partenariats privilégiés avec les autres musées consacrés à Picasso

En 2018, la mise en place d’une convention spéciale avec le Museu Picasso Barcelona a notamment donné lieu à un échange de personnel permettant un partage des pratiques institutionnelles et scientifiques : une conservatrice du Museu Picasso de Barcelone a passé les mois de février et mars au Musée national Picasso-Paris et la responsable des fonds photographiques du Musée national Picasso-Paris a été accueillie en novembre et décembre au Museu Picasso de Barcelone.

Un partenariat spécifique concernant les archives orales s’est mis en place par la signature d’une convention tripartite entre le Musée national Picasso-Paris, le Museo Picasso de Barcelone et le Museo Reina Sofia de Madrid. Cette convention prévoit un travail pluriannuel autour des archives orales liées à Pablo Picasso.

Une première phase, en cours d’exécution, consiste à faire l’état des lieux de la documentation et des archives sonores ou audiovisuelles existantes relatives à Picasso. Une deuxième phase prévoit la constitution d’un fonds mémoriel d’archives orales par la collecte et la production d’une documentation audiovisuelle. Cette collecte permettra ainsi de soutenir d’autres projets de recherches connexes (histoire des collections picassiennes, processus créatif, collaborateurs de Pablo Picasso, mécanisme d’enrichissement des collections nationales, grands donateurs, éléments biographiques…), d’accompagner l’organisation de manifestations culturelles ou de favoriser tout autre projet de diffusion de l’œuvre de Picasso. Ce fonds d’archives orales sera réalisé grâce à une programmation d’entretiens menés auprès de grands témoins de l’œuvre et de l’artiste, identifiés en concertation avec chacune des parties et en fonction de l’appareil documentaire préexistant.

Au-delà de la réalisation de ce programme au long cours, ce partenariat est également l’occasion d’associer trois grandes institutions dédiées à l’œuvre de Picasso autour des questions de recherche et de mise en valeur des collections tout en favorisant le partage des connaissances et la mise en commun de bonnes pratiques.

 

Les recherches menées en réseau à l’occasion de projets d’exposition 

La présence active du Musée national Picasso-Paris au sein du LabEx CAP (membre du Conseil du LabEx, participation aux jurys de recrutement des post-docs) se concrétise depuis l’année universitaire 2015-2016 par l’accueil d’une boursière Immersion au sein de la direction des collections et de la production. De novembre 2017 à octobre 2018, les documents du fonds d’archives privées de Pablo Picasso témoignant de ses rapports avec le Musée du Louvre ont été identifiés, contribuant ainsi de manière décisive au projet d’exposition du Louvre-Lens « Les Louvre(s) de Picasso » (automne 2020) dont le Musée national Picasso-Paris est un partenaire privilégié.

Grâce au financement de postes de chercheurs consenti par le Musée de l’Armée et le Musée de Grenoble dans le cadre des expositions « Picasso et la guerre » (Invalides, 5 avril-28 juillet 2019) et « Picasso 1939-1945. Au cœur des ténèbres » (5 octobre 2019-5 janvier 2020), l’ensemble des correspondances de guerre de Picasso a pu être identifié, et inventorié dans la base de gestion des archives, de la bibliothèque et de la documentation LIGEO.

 

La poursuite de la participation aux Micro-Folies

En 2018, le Musée Picasso a renforcé son implication dans le projet Micro-Folies mené par La Villette et développé par le Ministère de la Culture dans le cadre du plan « Culture près de chez vous ». Précédemment, le musée avait participé à l’élaboration des contenus du musée numérique et proposé un accompagnement pédagogique aux personnels de la première Micro-Folie, située à Sevran. En 2018, a été prévu un déploiement plus large de ce type de structure sur l’ensemble du territoire français. Dans ce cadre, le musée a participé aux réflexions du réseau des établissements membres et a mis au point différentes propositions destinées à enrichir le catalogue des offres pouvant être mises en place dans chaque nouvelle implantation. Une attention particulière a été portée au plus ambitieux de ces projets : la production d’une mini-exposition itinérante, centrée sur l’un des chefs-d’œuvre du musée, « Femmes à leur toilette » (1937-1938, papier collé, MP176), et qui pourrait à terme être accueillie dans de nouvelles Micro-Folies, dès 2020.

 

Le réseau des musées monographiques

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Réseaux du musée

Grâce au soutien exceptionnel de la Fondation des Treilles, un séminaire consacré au thème du musée monographique – musée qui place un artiste au cœur de ses activités – s’est tenu du 27 au 30 novembre 2017. A l’initiative du Musée national Picasso-Paris et du Musée Rodin, il a rassemblé 24 personnes, dont 22 directeurs et professionnels de musées et deux chercheurs à l’université respectivement spécialistes en histoire de l’art et muséologie et en histoire de l’architecture. Les participants institutionnels étaient issus de musées monographiques de beaux-arts des XIXe et XXe siècles, de statuts juridiques et d’échelles variées en France, en Europe et aux Etats-Unis.

L’objectif du séminaire était de réfléchir à la définition du musée monographique et à ses particularités par rapport aux autres musées de beaux-arts. Organisés sous forme de tables-rondes afin de favoriser les interactions entre tous les participants, les échanges ont concerné :

  1. Les collections, le statut juridique et les aspects architecturaux du musée monographique ;
  2. Les enjeux de la programmation et le rayonnement du musée monographique.

Ces journées d’études ont abouti à la rédaction d’un manifeste mettant en perspective identités, histoires, problématiques et défis spécifiques des musées monographiques. La question de la création d’un réseau des musées monographiques a également été abordée et a amené certains professionnels à se réunir à nouveau à Saint-Petersburg en Floride (USA) et à Amsterdam (Pays-Bas) en 2018 et 2019. La consolidation de ce réseau est toujours en cours de réflexion dans la perspective de rencontres à venir.